Carport solaire gratuit : ce qui se cache derrière ces offres
Un carport solaire gratuit existe-t-il en 2026 ? Tiers-investissement, crédit caché, démarchage : comment ces offres fonctionnent, et comment s'en protéger.
Sommaire
« Carport solaire gratuit », « panneaux offerts par l’État », « zéro reste à charge » : ces promesses reviennent sans cesse. Certaines décrivent un vrai modèle, le tiers-investissement, qui fonctionne sur de grandes surfaces. Beaucoup d’autres cachent un crédit ou une aide qui n’existe plus. Voici comment les reconnaître, et ce que la loi vous garantit.
Le principe : quelqu’un se rembourse sur votre électricité
Un carport solaire n’est jamais gratuit à fabriquer : il faut payer la charpente, les panneaux, l’onduleur et la pose. Une offre « gratuite » veut dire qu’un autre que vous paie l’installation, puis se rembourse sur l’électricité qu’elle produit. C’est le tiers-investissement.
L’investisseur loue votre toit, votre terrain ou votre parking. Il construit l’installation, en reste propriétaire et l’exploite. Vous recevez en échange un loyer, parfois symbolique, ou simplement l’usage de la structure. Ces contrats durent en général 20 à 30 ans, sous la forme d’un bail emphytéotique (signé chez un notaire), d’un bail à construction ou d’un bail civil. À la fin, l’installation est souvent cédée au propriétaire, ou démontée.
Pour se rembourser, l’investisseur a deux possibilités :
- vendre l’électricité au réseau, au tarif d’achat ;
- vous la vendre : une installation en autoconsommation peut appartenir à un tiers, qui se fait payer au kilowattheure ou par un loyer. L’électricité n’est alors pas gratuite, vous la payez à l’investisseur.
Pourquoi ce modèle ne tient plus pour une maison
Depuis le 5 juin 2026, l’électricité injectée sur le réseau est achetée 1,1 c€/kWh jusqu’à 100 kWc, et une installation en vente totale de 9 kWc ou moins n’a plus droit au tarif d’achat du tout. Les carports d’une ou deux places en font partie.
Faisons le calcul pour un carport de trois places, le seul assez puissant pour y avoir droit. Un Volto 3 places de 10,5 kWc produit environ 12 500 kWh par an dans le sud de la France. Vendus 1,1 c€/kWh, ils rapportent environ 140 € par an, et environ 3 300 € en vingt ans avec la revalorisation de 2 % par an. Le carport, lui, coûte 29 990 € TTC.
Aucun investisseur ne peut donc offrir un carport de maison en vendant son électricité au réseau. S’il vous le propose « gratuit », il se paie autrement : en vous vendant l’électricité, par un loyer, par un crédit ou par un prix gonflé.
Les offres « gratuites » à surveiller
Le crédit caché
L’installation est « financée », mais par un crédit à la consommation signé en même temps que le bon de commande. France Rénov’ range les crédits cachés parmi les arnaques les plus courantes. Le gouvernement indique que, dans la rénovation énergétique, le taux d’anomalies relevées par la DGCCRF « avoisine les 50 % ». Les vendeurs de panneaux solaires qui proposent aussi des crédits à la consommation font partie de ses cibles prioritaires.
L’aide qui n’existe plus
« L’État paie », « prime déduite », « remboursé par les aides » : depuis le 5 juin 2026, la prime à l’autoconsommation est supprimée, et MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. France Rénov’ le rappelle : un service public ne démarche jamais. Quelqu’un qui se présente comme France Rénov’, l’Anah ou l’État pour vous faire signer un devis, « c’est une arnaque ». Méfiez-vous aussi des « offres à 1 € » et du « panneau publicitaire dans le jardin » censé « annuler le reste à charge ».
La production promise trop haut
« Votre installation se rembourse toute seule » repose souvent sur une production surestimée. Si votre installation fonctionne normalement mais produit moins que promis, c’est que la société a surestimé sa production, rappelle photovoltaique.info. Pour vérifier une estimation, l’outil européen PVGIS calcule gratuitement la production d’un site. Pour un carport bien orienté, comptez environ 1 000 kWh par kWc et par an à Lille ou à Paris, 1 200 à Lyon ou à Bordeaux, 1 400 à 1 500 sur le pourtour méditerranéen.

Ce que dit la loi
- Le démarchage téléphonique est interdit. Personne n’a le droit de vous appeler pour vous proposer des travaux d’économies d’énergie ou de production d’énergies renouvelables, sauf dans le cadre d’un contrat déjà en cours, et même si vous avez donné votre accord. Un contrat conclu à la suite d’un tel appel est nul (article L223-1 du code de la consommation).
- Par écrit non plus. Depuis le 2 juillet 2025, la même interdiction vaut pour les SMS, les messageries, les e-mails et les réseaux sociaux (article L223-8).
- 14 jours pour vous rétracter. Pour un contrat signé chez vous ou hors d’un magasin, vous avez 14 jours pour changer d’avis (article L221-18). Pour une installation avec pose, le délai court à partir de la livraison du matériel, et vous pouvez vous rétracter dès la signature. S’il n’est pas mentionné dans le contrat, il est prolongé de 12 mois.
- Aucun paiement pendant 7 jours. Le vendeur ne peut rien encaisser, sous quelque forme que ce soit, avant 7 jours à compter de la signature d’un contrat conclu chez vous (article L221-10).
- Le crédit suit la vente. Si un crédit finance l’installation, vous pouvez vous en rétracter, et la vente tombe avec lui. Si la vente est annulée par un juge, le crédit l’est aussi.
- Les sous-traitants doivent être annoncés. Avant la signature, le professionnel doit vous indiquer qui réalisera les travaux et avec quels labels (article L224-115).
Où signaler une arnaque
- Sur SignalConso, pour un démarchage ou une pratique commerciale abusive.
- Au 33700, pour un appel ou un SMS non sollicité.
- À la police ou à la gendarmerie, si vous êtes victime d’une escroquerie.
- À Info Escroqueries (0 805 805 817, numéro gratuit), pour une arnaque en ligne.
Avant de signer, vérifiez
- Qui est propriétaire de l’installation, pendant combien de temps, et ce qui se passe à la fin du contrat : cession, démontage, remise en état.
- Qui paie l’entretien, l’assurance et les réparations.
- Si un crédit est attaché au bon de commande, à quel taux et sur quelle durée.
- La production annoncée, comparée à celle que donne PVGIS pour votre adresse.
- Les aides promises : existent-elles encore ? Notre guide des aides 2026 fait le point.
- Le délai de rétractation de 14 jours, écrit dans le contrat.
- Les sous-traitants et leurs labels.
Pour les professionnels : l’ombrière en tiers-investissement
Sur un grand parking, le calcul change. Entre 100 et 500 kWc, une installation peut répondre à l’appel d’offres simplifié de l’État, qui lui garantit un complément de rémunération sur 20 ans. Ses lauréats ont obtenu en moyenne 88,73 €/MWh fin 2025, puis 75,48 €/MWh en 2026, soit 7 à 9 c€ par kilowattheure. Le tiers-investissement y devient un vrai modèle, encadré par un bail de 20 à 30 ans.
BoisEtSolaire le propose pour son ombrière solaire en bois : nous exploitons l’électricité produite, et vous profitez de la structure sans frais. Cette solution dépend de la taille du parking et du site : nous l’étudions avec vous. La loi APER oblige d’ailleurs les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² à se couvrir d’ombrières : notre guide de la loi APER pour les parkings détaille qui est concerné et avant quand.

Le vrai calcul : consommer votre propre électricité
Sans prime, et avec un surplus acheté 1,1 c€/kWh, un carport solaire se rentabilise par l’électricité que vous consommez vous-même : celle de la maison en journée, et celle de votre voiture électrique garée dessous. Notre guide du prix d’un carport solaire compare les prix du marché. Le Volto commence à 14 690 € TTC, pose et démarches comprises, sans prix barré ni aide fictive.
Sources
- photovoltaique.info, « Arrêté S21 : détail des modifications et nouveau tarif unique », 17 juin 2026
- photovoltaique.info, « Tiers-investissement », 20 novembre 2024
- photovoltaique.info, « Location de toiture », 10 décembre 2024
- photovoltaique.info, « Autoconsommation avec tiers-investisseur », 27 novembre 2024
- photovoltaique.info, résultats de l'appel d'offres simplifié 100 à 500 kWc, 15 octobre 2026
- photovoltaique.info, FAQ « J'ai un problème »
- France Rénov', « Fraudes »
- Sénat, question écrite n° 05690 et sa réponse, 30 avril 2026
- Code de la consommation, article L223-1, en vigueur depuis le 11 août 2026
- Code de la consommation, articles L223-1 à L223-8
- Code de la consommation, article L221-18
- Code de la consommation, articles L221-10 et L221-20
- Code de la consommation, crédit affecté (L312-52, L312-55)
- service-public.fr, démarchage téléphonique : comment le signaler, 12 août 2026
- PVGIS, Commission européenne, consulté le 31 octobre 2026


